ISOLATION, ETANCHEITE ET VENTILATION : LE TRIANGLE INDISSOCIABLE !

Depuis 2008, date de la mise en place de la PEB, la nécessité d’isoler semble acquise tant pour les professionnels de la construction que pour les candidats bâtisseurs ou rénovateurs. Et pourtant, la ventilation, qui devrait aller de pair avec cette isolation, apparaît encore dans la plupart des cas comme le vilain petit canard. Combien de châssis ne sont-ils pas remplacés aujourd’hui sans prévoir la pose d’aérateurs, alors qu’aucun autre système de ventilation n’est prévu ?

On évoque souvent la ventilation comme conséquence « palliative » à une isolation importante. Ce raccourci est un peu rapide. Permettre d'obtenir un air sain et de qualité, par la pose d'un système de ventilation, est également nécessaire suite à l'étanchéité à l'air croissante de nos constructions.
En effet, les normes PEB étant de plus en plus sévères, un test d'étanchéité à l'air va bientôt devenir obligatoire. Ce sera le cas pour toutes les nouvelles constructions et rénovations lourdes. Un bâtiment présentant trop de fuites sera refusé ou synonyme d'amendes administratives!
Déjà aujourd'hui, il devient difficile de répondre aux normes PEB sans réaliser un test d'étanchéité à l'air, après avoir mis en œuvre une multitude de tapes et de mastics en tout genre. Le CSTC essaye actuellement différentes solutions afin de permettre, à moindre coût, d'obtenir les résultats souhaités. Isolation, étanchéité à l'air et ventilation sont donc indissociables ! Dans ce contexte, pour éviter des problèmes de condensation et de développement de moisissures aux droits des quelques éventuelles faiblesses thermiques de la construction (car une construction est avant tout une entreprise humaine et ne sera jamais parfaite), il ne reste plus qu'une solution : apporter de l'air frais et évacuer l'air humide généré par les activités à l'intérieur de celle-ci.

Pour ceux qui s'intéressent à la construction et qui auraient passé les dernières années sur une autre planète, rappelons que la norme de ventilation, la NBN D 50-001 prévoit 4 systèmes de ventilation, nommés A, B, C et D qui se différencient par la manière dont l'air sec entre dans la construction et dont l'air vicié en est extrait. Les exigences PEB de nos jours, induisent quasiment que seuls les systèmes C (aérateurs dans les pièces sèches et extraction dans les pièces humides) et les systèmes D (pulsions et extractions mécaniques dans toute l'habitation) peuvent encore être posés.

Bien sûr, il ne s'agit pas de rejeter en permanence de l'air chaud à l'extérieur et de faire entrer de l'air froid ! Que vous optiez pour un système de ventilation C ou D, préférez un système contrôlé ou « à la demande » sur base de détecteurs d'humidité, de CO2 ou COV. Il existe également une multitude de solutions permettant de récupérer l'air chaud qui sera extrait de la construction pour préchauffer l'air entrant ou l'eau d'un boiler tampon destiné au chauffage.


LA VENTILATION EN QUELQUES CHIFFRES

La norme de ventilation considère, pour la plupart des locaux, un débit à prévoir de 3,6 m3 par m2 au sol, avec un minimum et un maximum à respecter. Une amenée d'air dans une pièce ne devrait pas se trouver à moins d'1m80 de haut afin de ne pas provoquer de gêne. Dans une habitation classique, des aérateurs placés au-dessus des châssis représentent en moyenne 0,5 % à 1,5 % des déperditions thermiques totales par les parois. Un système C « à la demande » coûte environ 3000 à 3500 € htva. Il vous faudra presque doubler le prix pour un système D avec récupérateur de chaleur.

Intrigué ou intéressé, venez découvrir toutes les techniques qui permettront de garantir la qualité de votre air et du climat intérieur de votre construction lors du salon Energies+ qui se teindra du 13 au 15 novembre 2015 au Wex de Marche-en-Famenne.